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  • La Cage aux Folles : rires, émotions et tolérance à l’Espace St-Denis

    Hier soir, le rideau s’est levé sur l’un des plus grands classiques comiques du théâtre français : La Cage aux Folles. Présentée au Studio-Cabaret de l’Espace St-Denis, cette pièce emblématique, écrite par Jean Poiret en 1973, revient sur scène avec une mise en scène québécoise signée Joël Legendre.

    Jusqu’au 23 février 2025, le public montréalais aura l’occasion de redécouvrir cette comédie culte, portée par une troupe de 12 artistes talentueux qui promettent une soirée éclatante de rires, d’émotions et de strass.

     

    L’histoire tourne autour du célèbre couple gai, Georges et Albin, interprété par Marcel Leboeuf et Alex Perron, gérants d’un cabaret de danseurs travestis. Leur vie tranquille est chamboulée lorsque leur fils Laurent, joué par Guillaume Borys, annonce son mariage avec la fille nommée Muriel (Delphine Morissette) d’un politicien conservateur M. Dieulafoi (Stéphan Allard).

    Jacob (Timothée Galais-Bayonne) est majordome fantasque et excentrique, qui se considère lui-même comme la femme de ménage du cabaret, est un des piliers de la comédie. Cette nouvelle déclenche une série de quiproquos hilarants et met en lumière les différences entre deux mondes opposés : d’un côté, la flamboyance et l’exubérance du cabaret ; de l’autre, la rigidité et l’hypocrisie de la bourgeoisie traditionnelle.

    La pièce légère, avec ses personnages hauts en couleur, un enchaînement de situations comiques et des dialogues percutants, aborde tout de même avec finesse une réflexion profonde sur l’acceptation de soi, la tolérance et la force de l’amour face aux préjugés.

    Alex Perron et Marcel Leboeuf sont attachants dans leurs rôles respectifs tandis que Timothée Galais-Bayonne est une belle surprise avec son énergie communicative. Joël Legendre, qui a également réalisé l’adaptation avec Sylvain Larocque, s’appuie sur une distribution cinq étoiles. D’ailleurs la complicité entre les personnages est palpable et la vivacité des dialogues rend cette adaptation un véritable plaisir à voir et à revoir.

    Albin : « Je suis une femme, Georges, et je veux être mère ! »
    Georges : « Mais Albin, tu es un homme ! »
    Albin : « Et alors ? Les miracles, ça existe ! Regarde la Vierge Marie ! »
    Georges : « Oui, mais elle, elle n’avait pas de barbe ! »

    La pièce, qui a connu un immense succès dès sa première représentation à Paris, a donné naissance à une comédie musicale acclamée à Broadway et à plusieurs adaptations cinématographiques, dont le célèbre film de 1978 avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi.

    Les décors luxueux, inspirés des grands clubs de revue, et les costumes chatoyants conçus pour l’occasion ajoutent au spectacle une dimension visuelle impressionnante. Les performances scéniques ne se limitent pas aux dialogues : entre les numéros de chant, les chorégraphies endiablées et les interactions avec le public, La Cage aux Folles devient une véritable expérience immersive.

    Ce qui rend cette soirée encore plus spéciale, c’est la présence de performeurs drag exceptionnels comme Rainbow (Mercèdes), Michel Dorion (Salomé), Tracy Trash (Francis) et Nana (Zorba), qui assurent des numéros avant la pièce et pendant l’entracte.

    Que vous soyez un fan de longue date ou un nouveau spectateur découvrant cette œuvre pour la première fois, cette production promet de vous faire passer un moment inoubliable, où humour, glamour et émotion se conjuguent à la perfection.

    Distribution

    Marcel Leboeuf | Georges
    Alex Perron | Albin
    Timothée Galais-Bayonne | Jacob
    Guillaume Borys | Laurent
    Delphine Morissette | Muriel
    Geneviève Brouillette | Mme Dieulafoi
    Stéphan Allard | M. Dieulafoi
    Annie Brocoli | Simone
    Rainbow | Mercedes
    Michel Dorion | Salomé
    Tracy Trash | Francis
    Nana | Zorba

    Durée: 1h45 (avec intermission)

  • Joe Bocan à Montréal : un retour éclatant sur scène (photos)

    Ce 4 février, Joe Bocan a fait vibrer la Cinquième Salle de la Place des Arts avec son spectacle Insoumise, une performance qui marque ses 40 ans de carrière. Véritable icône de la musique québécoise, elle revient en solo avec un concert qui est à la fois audacieux et émouvant.

    À 68 ans, l’artiste n’a rien perdu de son énergie légendaire.

    Un début de spectacle a été aussi fantaisiste que l’artiste elle-même avec un numéro de transformiste et des costumes très variés et originaux.

    D’ailleurs, le dernier de ses costumes a laissé les spectateurs sans voix. Après avoir soufflé sur une allumette, la scène fut plongée dans le noir et c’est alors que l’artiste a dévoilé son habit blanc orné d’une traîne époustouflante toute illuminée de petites lumières. La salle à peine revenue de ses émotions que l’artiste entamait de sa puissante voix les nouvelles chansons de son album « Insoumise ».

    Très contente de retrouver son public, Joe Bocan lui a raconté comment après avoir lu dans un livre qu’Elon Musk avait lancé une Tesla dans les airs autour de la terre sans se soucier de la planète cela l’avait tellement choquée et attristée que sous l’emprise de la colère elle avait terminé d’écrire une chanson la nuit et qu’au petit matin l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose lui avait joué l’air de la musique au téléphone et c’est ainsi qu’est née sa chanson « La bande».

    À chaque chanson, son anecdote

    La chanteuse a fait rire aux éclats les spectateurs en leur rappelant ses débuts de carrière et comment elle se maquillait les yeux charbonneux, les cheveux ébouriffés et comment l’animatrice radiophonique Suzanne Lévesque, suite à une entrevue, lui avait dit « T’as pas l’impression de faire peur au monde », en parlant de son maquillage!

    Après avoir fini de nous bercer avec une chanson a cappella intitulée « Breaking Away », l’artiste a disparu laissant place à ses 3 grands musiciens qui ont pris la relève en nous entraînant dans un tourbillon de musique à travers le violoncelle, la guitare et le clavier.

    Les changements de costumes tous plus beaux et plus extravagants les uns que les autres, et les jeux de lumières et décors n’ont fait que sublimer la prestation de l’artiste.

    Tout au long du spectacle, la chanteuse a permis à son public de redécouvrir ses plus grands succès, dont « Apocalypso » et « Les femmes voilées » en hommage aux femmes iraniennes, Afghanes et à toutes les femmes qui se battent pour leur liberté.

    Notre chanteuse québécoise a insufflé une nouvelle vie à son répertoire ce qui a enchanté le public.

    Joe Bocan et Maroe-Jo Thério chantent Orage d'amour
    Joe Bocan et Maroe-Jo Thério chantent Orage d’amour

    En plus de ses classiques, elle a voulu transporter les spectateurs dans son propre univers en présentant des chansons inédites de son dernier album Insoumise, sorti à l’automne 2024, où elle aborde des thèmes modernes avec son regard toujours aussi percutant. D’ailleurs, des surprises nous attendaient puisque Marie- Jo Therio est apparue pour chanter en duo Orage d’amour qui apparaît sur l’album. En plus, Elliot Maginot est aussi venu chanter Partir en duo avec la vedette de la soirée!

    Le public applaudissait allègrement après chaque performance, chantait et riait de chaque petite blague que faisait l’artiste en partageant un peu de son vécu et de son parcours musical.

    Joe Bocan et Elliot Maginot
    Joe Bocan et Elliot MaginotEnceintes portables

    Généreuse de coeur, Joe Bocan a partagé sa scène avec ses musiciens qu’elle apprécie vraiment. Ainsi Elliot Legaré l’un des musiciens l’a rejoint pour chanter en duo. Louis-Julien Durso, compositeur interprète au clavier, malgré lui, car d’habitude il est chanteur, mais pour Joe il s’est converti en claviériste et fait partie de la bande. En solo, il nous a chanté sa chanson « Cinéma d’amour » tiré de son tout premier album. Thomas Sommier, guitariste, nous a joué quelques morceaux de musique avec sa guitare électrique.

    Pour clôturer la soirée, la chanteuse a rendu un hommage aux jeunes et surtout à Samuel Biddle, son fils de 27 ans qui lui a composé la musique sa chanson « Pour faire lever les fleurs » que toute la salle a chanté en reprenant en coeur le refrain.

    Après une ovation bien méritée, la star a entamé en rappel sa chanson phare « Repartir à Zéro » au grand plaisir du public et les applaudissements ont crépités de plus bel.

    Une soirée inoubliable pour les fans de la chanteuse. Une renaissance artistique pour Joe Bocan. Le spectacle s’est annoncé comme une véritable célébration de son parcours et de son engagement artistique. Une belle opportunité pour les amateurs de redécouvrir une artiste qui continue d’étonner et d’inspirer.

  • « Ils étaient dix » : Mystère, suspense et talent au Théâtre Maisonneuve

    Hier soir, la célèbre pièce Ils étaient dix, adaptée du roman mythique d’Agatha Christie, le plus vendu au monde avec plus de 100 millions d’exemplaires, a été présentée au Théâtre Maisonneuve à Montréal. Cette œuvre, considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du genre policier, a été brillamment portée sur scène par la Comédie humaine, une troupe talentueuse et sous la direction du metteur en scène Martin Lavigne.

    Levée du rideau et l’intrigue commence; les acteurs rentrent en scène, les uns après les autres dans un décor minimaliste mais mystérieux, projetant les spectateurs dans le vif du sujet.

    C’est l’histoire de dix personnes sans lien entre elles, toutes invitées mystérieusement sur une île isolée, l’Ile du Soldat au large des côtes anglaises. Il n’y a que le majordome et sa femme pour les accueillir mais aucune trace des propriétaires, les fameux O’nyme.

    Très vite, les hôtes se retrouvent accusés de crimes passés, accusations enregistrées par une voix étrange sur un vieux disque 33 tours, et confrontés à des meurtres tour à tour inexpliqués et énigmatiques, suivant une étrange comptine.

    Les invités meurent un à un. L’assassin fait partie des 10 convives et les spectateurs sont là, les yeux rivés sur la scène, se demandant qui sera le prochain à disparaître et qui d’entre eux, est vraiment le meurtrier.

    Une distribution impressionnante

    Le public montréalais y découvre une interprétation forte grâce à une distribution exceptionnelle. Ainsi, on retrouvait Vincent BellefleurVicky BertrandStéphane BlanchetteJean-François BlanchardMarc-André Coallier, Maxime CournoyerÉlizabeth DupéréMireille Deyglun, Pierre Gendron et Jonathan Michaud dont les performances ont rendu cette histoire tellement réelle qu’on en a oublié d’être spectateur.

    Grâce à une mise en scène moderne signée Martin Lavigne, ce thriller psychologique a su préserver l’essence du roman tout en nous tenant en haleine du début à la fin.

    Les cadavres s’empilaient, mais l’atmosphère, digne des romans d’Agatha Christie, restait aussi mystérieuse et envoûtante grâce à une musique glaçante et des jeux de lumière subtils. Chaque scène était une montée en tension, rendant hommage au génie de l’autrice britannique.

    Par ailleurs, un clin d’œil et en hommage à cette grande écrivaine:
    « On dirait que nous sommes dans un de ces livres policiers écrits par Agatha Christie »,  une réplique qui a amusé tous les spectateurs.

    Une fois le mystère élucidé, le public, libéré de la tension, a exhalé un soupir de soulagement et a salué la performance par une ovation nourrie.

    Bref, la production de la Comédie humaine est une adaptation réussie. Puis, une soirée dès plus mémorable pour les amateurs de théâtre et de romans policiers ! 

  • Premier concert au Québec de la méga star algérienne Amine Babylone

    La semaine dernière, l’Espace Saint-Denis de Montréal a accueilli Amine Babylone au 826 millions d’abonnés sur Instagram pour un concert exceptionnel. Ce spectacle a marqué la première prestation du chanteur algérien en Amérique du Nord, offrant au public montréalais une immersion unique dans la richesse musicale et culturelle du Maghreb.

    (Lire notre entrevue avec Amine Babylone)

    Dès son arrivée sur scène, Amine et son groupe ont captivé l’audience avec des morceaux emblématiques Algériens.

    Des chansons du dernier album

    Au-delà des tubes, Babylone a présenté des pièces de son dernier album Zina, dont le titre de la chanson éponyme est devenu un véritable hymne pour les fans du monde entier. Chaque air a été accueilli avec enthousiasme, un témoignage de l’attachement du public à ce chanteur qui s’est fait une place dans le cœur de millions de personnes. Puis, il a fait hommage à Cheb Khaled qui a visité le Québec en octobre 2023 (voir notre article) en reprenant sa chanson Aïcha tout en chantant avec le public.

    Invités spéciaux

    En plus de la performance extraordinaire de Babylone, la soirée a été enrichie par la présence de chanteurs invités, dont ZahoAmine TGV et Youba Adjrab qui ont partagé la scène avec Amine pour interpréter des duos mémorables. Ces collaborations ont ajouté un dynamisme au spectacle. Ils ont charmé l’audience avec des morceaux emblématiques tels que « Zina », un titre devenu un véritable hymne pour les fans du monde entier.

    Amine a pris le temps de s’adresser directement à la foule, partageant des anecdotes personnelles et transmettant des messages de paix, d’amour et d’unité. Le concert de Babylone a été bien plus qu’un simple spectacle musical. C’était un véritable voyage à travers les cultures, un mélange de sonorités traditionnelles et modernes qui a transporté le public dans un univers envoûtant.

    L’âme de l’Algérie

    Les jeux de lumières, les chorégraphies et les interactions entre les membres du groupe ont contribué à créer une expérience immersive. Les spectateurs enthousiastes ont chanté et dansé tout au long de la soirée, rendant hommage à cet artiste qui incarne l’âme de la musique algérienne contemporaine.

    Ce concert à guichets fermés restera gravé dans ma mémoire comme une célébration de la culture et de la musique algérienne. Le succès de cette performance laisse présager un avenir prometteur pour Amine Babylone sur la scène internationale.

    Cette soirée exceptionnelle a prouvé que la musique est un langage universel, capable de rassembler des personnes de tous horizons pour célébrer la beauté de l’art et de la culture.

  • Le slam, la poésie et l’émotion : Grand Corps Malade au Québec

    Le 17 janvier 2025, le public montréalais a eu le privilège d’accueillir Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, le maître incontesté du slam, sur la scène du MTELUS.

    Le slameur a enfin marqué son grand retour à Montréal après une absence de six ans. L’artiste a voulu montrer son attachement au Québec en s’entourant de trois musiciens locaux, Sarah Dion à la batterie, Maxime Boivin à la guitare et Gabriel Thibault aux claviers. Ensemble, ils ont offert une performance mémorable telle qu’ils sont arrivés à nous propulser dans le passé, le présent et même dans un avenir meilleur.

    En première partie, la jeune Billie du Page a su captiver l’audience avec ses chansons pop et sa voix douce. Une belle découverte qui a bien préparé le terrain pour le grand show de la soirée.

    L’entrée émouvante et les incontournables

    Par la suite, surgissant sous un rai de lumière le slameur-poète sur sa canne a fait une entrée émouvante en interprétant sa première chanson « J’ai vu de la lumière« , sous les applaudissements frénétiques du public.

    Tout au long du concert, le slameur avec sa voix douce et son charisme hors du commun a interprété des titres phares tels que “La Sagesse”, “Autoreflet” et “Mesdames”, qui explorent des thèmes comme l’amour, la résilience et la société et surtout le fait que tout le monde se ressemble.

    Ses fans étaient littéralement suspendus à ses lèvres. Il a même plongé son auditoire dans son vieux répertoire en chantant ces morceaux incontournables comme « Saint Denis » et « Roméo kiff Juliette » qui rappellent la guerre de Gaza. Le public était vraiment ravi.

    Plein feu sur Aznavour

    Le chanteur a aussi fait hommage à Charles Aznavour en chantant « À chacun sa bohème« . D’ailleurs le film qu’il a écrit est diffusé sur les écrans de cinéma à Montréal: Monsieur Aznavour.

    Les moments les plus forts ont été marqués par l’interaction entre l’artiste et son public, où rires et applaudissements se sont succédé. Il a également raconté des anecdotes personnelles, évoquant notamment son installation à Montréal avec sa famille l’automne dernier, une expérience qui semble l’avoir profondément marqué.

    Quelle personnalité!

    Sa chanson « Retiens les rêves » qui relate le temps qui passe si vite quand on regarde ses enfants grandir était si émouvante que certains spectateurs ont eu les larmes aux yeux.

    Tout le long de la soirée, le compositeur – interprète, le Grand Corps Malade, a offert un concert incroyable, captivant le public avec ses paroles profondes et sa personnalité extraordinaire. Ce spectacle s’inscrivait dans le cadre de sa tournée québécoise.

    La soirée a également été marquée par une surprise: la présence de Marilou, célèbre chanteuse québécoise et fondatrice de « Trois fois par jour« . Ensemble, ils ont offert un moment unique en interprétant la chanson « Mais je t’aime » empreinte de douceur et d’émotion, scellant ainsi une rencontre artistique marquante.

    Il a également partagé un duo avec son fils de 11 ans sur scène, un rappeur nommé MCO tout en chantant « C’est moi qui écris mes textes« . Les spectateurs ont savouré ce moment intime entre père et fils comme étant un moment inédit.

    Soirée unique

    Le concert s’est terminé sur une standing ovation, témoignant de l’impact de cette performance sur le public montréalais. Grand Corps Malade a prouvé une fois de plus que le slam est bien plus qu’un genre musical : c’est un art capable de rassembler et de toucher profondément.

    En quittant le MTELUS, les spectateurs avaient encore en tête les paroles inspirantes de cet artiste hors du commun. Une soirée unique pop et divertissante qui a rappelé, avec brio, le pouvoir des mots.

  • Babylone : Entretien intime avec une star montante

    Le 18 janvier 2025, le leader du célèbre groupe algérien BabyloneAmine Mohammad Djemal, mieux connu sous le nom d’Amine Babylone, donnera un concert très attendu au Théâtre St-Denis, à Montréal.

    Afin de célébrer cet événement tant attendu, Les ArtsZé a eu l’honneur de rencontrer l’artiste pour une entrevue exclusive. Séparé depuis peu de ses guitaristes, le chanteur continue sa carrière en solo.

    Dimanche 12 janvier 2025

    Yasmina : Comment est né le projet Babylone?

    Amine Babylone :  « L’aventure de la composition et de l’écriture a commencé à 21 ans alors que j’étais à l’université. Il faut dire que depuis mon plus jeune âge, 8 ans, j’étais déjà bercé dans la musique. Avec ma  guitare à la main, j’ai voulu créer un mélange de courant et cela m’est venu spontanément. 

    J’avais alors cette volonté de vouloir m’adapter à mon instrument et à l’influence de mon entourage. Mes amis de l’université, Rahim El Hadi et Ramzy Ayadi m’ont rejoint à l’époque dans cette aventure .

    C’est la maman de Ramzy qui a suggéré le nom de Babylone. On avait beaucoup aimé ce nom parce qu’il était facile à l’international et qu’il présentait bien. On l’a tout de suite adopté. »

    Lecteur vidéo

    Yasmina : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Amine Babylone :  « J’aime tout. J’écoute de la musique africaine en passant par les chansons cultes arabes anciennes, le rai bien sûr. J’ai grandi avec le rai algérien et la musique berbère en passant par la musique latine. 

    J’écoute Chaâbi Fairuz, fameuse chanteuse libanaise. J’aime beaucoup ce pays et même les chansons égyptiennes comme Oum Kaltoum et Warda. J’aime beaucoup les chansons simples et mélancoliques. J’aime aussi la musique occidentale et je chante aussi du folk grâce à ma guitare.

    Pour mes chansons rai je collabore avec Abdul El Saoud, le meilleur en Algérie et je viens de sortir une nouvelle chanson « choufou l’amour madar fiya » qui aussi a eu un grand succès. C’est lui qui l’a écrit mais moi je l’ai composée et l’ai interprétée. »

    Yasmina : Avez-vous anticipé un tel succès avec « Zina » et comment vivez-vous cette notoriété?

    Amine Babylone : « Jamais je n’aurais pensé avoir autant de notoriété un jour. Bien sûr, j’en ai rêvé comme tout artiste mais jamais je n’aurais imaginé y accéder. C’est arrivé comme ça, j’ai commencé à écrire et à composer parce que ça me faisait du bien.

    À l’époque, je le faisais juste pour moi comme une sorte de thérapie. Un jour, j’ai été sollicité pour une émission radio « Serial Taggeur » à la suite de cette émission, mon ami Rahim a envoyé la prestation à une émission TV et depuis c’est le succès. Jamais je n’aurais cru rentrer dans un studio et enregistrer les sons pour après les diffuser. Avec la chanson « Zina », ça été vraiment magique et je n’arrivais pas à descendre de mon petit nuage c’est venu d’un seul coup et tellement fort. J’espère que mes autres chansons connaîtront toujours autant de succès. »
    (L’artiste prend sa guitare et spontanément nous interprète un petit morceau de sa fameuse chanson « Zina ».)

    Yasmina : Comment se déroule votre processus de création?

    Amine Babylone : « Je pense que comme tous les artistes, je me fie à moi même et selon l’inspiration du moment je commence à écrire à composer et à créer. Je ne force pas les choses. J’aime prendre mon instrument et directement jouer et à la suite de cela ça vient tout seul.

    Mais des fois, cela m’arrive de créer de manière différente. Par exemple, j’ai déjà créé dans l’avion et même dans ma cuisine et même une fois j’ai commencé à écrire sur une ordonnance médicale le début d’une chanson parce qu’ à la base je suis un chirurgien dentiste. » (Le chanteur Algérien rit de mon étonnement.)

    Yasmina :  Qu’est-ce qui vous excite le plus à l’idée de jouer à Montréal? Avez-vous des surprises pour votre public ?

    Amine Babylone : J’ai toujours aimé venir à Montréal rencontrer mes nouveaux fans mais j’attendais le bon moment. Aujourd’hui, le fait de fouler la même scène sur Saint Denis que les grands artistes me réjouit.

    Je réserve beaucoup de surprises à mes fans. Je les respecte et je voudrais essayer le plus possible de rentrer en contact avec eux. J’aimerais jouer avec mon public et rendre hommage à certains artistes et surtout ils seront très heureux de voir mon invité surprise un chanteur arabo- canadien connu. »

    Yasmina : Le message de Babylone pour ses fans et la jeunesse actuelle ?

    Amine Babylone : « Je souhaite un monde meilleur en Paix et plein d’amour. J’espère que les peuples à travers le monde puissent vivre avec leurs différences quelles qu’elles soient et surtout beaucoup de courage à la jeunesse actuelle pour arriver à créer beaucoup de bonheur et d’harmonie sur terre et j’espère transmettre ses messages à travers ma musique. »

    Amine Babylone : « À mon retour de Montréal, je vais sortir des singles pour l’été 2025. Y en a qui sont déjà dans mon tiroir en Algérie et qui m’attendent. Je vais sûrement m’y mettre pour en faire d’autres.

    Le 29 novembre dernier, j’ai sorti un nouvel album qui s’appelle Mosaïque dans lequel il y a 11 titres parmi lesquels il y a une chanson libanaise « khedni ma3ak ».

    Je suis donc en contact avec plusieurs artistes libanais dont Carla Chamoun et j’espère pouvoir dans le futur faire plus de projets artistiques en collaboration avec eux. »

    Le chanteur a commencé à fredonner la chanson libanaise et c’est avec beaucoup d’émotion et d’humilité que l’entretien s’est terminé.

    Sur la photo en accueil: Babylone est entouré de son manager Youcif Zitouni et d’un ami.

    Les billets ici

  • Plongée dans l’Univers Disney à la Place Bell

    La Place Bell à Laval accueille les plus grands classiques de Disney avec le spectacle Disney sur Glace – Un Monde Magique. Cette production féérique a transporté petits et grands dans un voyage enchanté à travers les histoires emblématiques qui ont marqué des générations.

    Les personnages emblématiques

    Dès l’entrée dans la salle, les enfants, habillés en princes et princesses, brandissaient fièrement leurs baguettes lumineuses, prêts à plonger dans un univers magique. Le spectacle a débuté avec un accueil chaleureux de Mickey, Minnie, Donald et Goofy enchaînant des pirouettes et saluant le public.

    Les patineurs agiles et gracieux ont réalisé des figures époustouflantes dans des costumes somptueux et des décors fascinants pour alimenter cet univers fantastique.

    La Belle et la Bête

    La soirée a démarré avec un échauffement ludique, suivi de la scène célèbre de La Belle et la Bête soit la valse emblématique entre Gaston et la Belle dans la grande salle de bal, magnifiquement recréée sur la glace.

    Coco, Raiponce et Maximus

    Coco a amené les spectateurs dans un monde coloré des Jours des Morts, la célébration mexicaine des ancêtres. Miguel, le jeune héros du film, a émerveillé la foule avec son énergie et sa passion pour la musique avec les chansons « Souviens-toi de moi » (« Remember Me » en anglais) et « Un Poco Loco ».

    Raiponce avec ses cheveux longs blonds impressionnants a présenté des acrobaties aériennes en se tournoyant et se balançant avec son compagnon Flynn Rider avec des sauts, des pirouettes et des levées complexes synchronisés sur glace.

    L’apparition de Maximus, le cheval fidèle de la Garde Royale avec son caractère fort et sa détermination comique, a apporté une touche de dynamisme et d’amusement à la performance.

    Cendrillon

    La deuxième partie avec Cendrillon et son magnifique carrosse avec la Fée Marraine a enchanté les enfants. Coup de baguette magique et les yeux des petits surpris de voir sur scène se transformer les haillons de Cendrillon en une magnifique robe de bal.

    La célèbre chanson « Bibbidi-Bobbidi-Boo » a résonné dans la salle alors que la citrouille se transformait en un carrosse majestueux. Les enfants reprenaient en coeur les chansons et tapaient des mains au rythme de la musique.

    Les demi-sœurs de Cendrillon, Anastasie et Javotte et leur mère Lady Tremaine, habillées dans des costumes flamboyants et colorés ont mis en avant leur jalousie et leur vanité, souvent tournées en dérision par des chorégraphies loufoques.

    La Reine des Neiges

    C’est La Reine des Neiges qui a vraiment fait sensation. La performance a débuté avec Anna, pleine de joie et d’énergie, patinant avec grâce et entraînant le public dans son aventure pour retrouver sa sœur Elsa. Les patineurs ont exécuté des figures élégantes et synchronisées. La scène s’est ensuite transformée en un paysage hivernal féerique lorsque Elsa est apparue.  Elle a interprété la chanson emblématique « Libérée, délivrée » (« Let It Go » en anglais). Toute la salle s’est mise à chanter.

    Des projections de flocons de neige ont enveloppé la patinoire, créant une atmosphère magique et glacée. Les effets lumineux ont accentué le pouvoir de glace d’Elsa, ajoutant une dimension visuelle spectaculaire à la performance.

    Olaf, le bonhomme de neige adorable et comique, a apporté une touche d’humour et de chaleur. Ses interactions amusantes avec Anna et les autres personnages ont enchanté le public, surtout les plus jeunes.

    Le moment culminant de la performance a été le final où Elsa et Anna, réunies, ont patiné ensemble avec une harmonie parfaite, symbolisant l’amour et le lien indestructible entre les deux sœurs.

    Les costumes étaient d’une beauté saisissante, avec Elsa dans sa robe de reine des neiges et Anna dans sa tenue traditionnelle de princesse d’Arendelle. Les décors ont recréé l’univers enneigé d’Arendelle, ajoutant une couche supplémentaire de magie.

    Moana

    Le spectacle a atteint son apogée avec Moana naviguant sur sa pirogue, le tout simulé sur la patinoire, offrant une immersion dans les mers du Pacifique avec un feu sur glace et des jeux de lumière époustouflants. Les jeux de lumière ont recréé les vagues et la mer scintillante, plongeant les spectateurs dans l’univers marin du film.

    Le personnage de Maui a fait son apparition avec son fameux hameçon magique, ajoutant une touche d’héroïsme à la scène.  Les séquences chorégraphiques ont été spectaculaires, avec des danseurs en costumes colorés évoquant les esprits de l’océan et la faune marine. Moana a démontré une grande habileté sur la glace, exécutant des sauts et des pirouettes qui ont laissé les spectateurs en admiration.

    Les caméras crépitaient de partout. Les enfants posaient avec leurs caractères Disney préférés, leurs yeux remplis d’étoiles et d’émerveillements.

    Les enfants ont été éblouis, tandis que les adultes ont retrouvé leur âme d’enfant en chantant les chansons cultes de Disney. L’ambiance était à la fête, et le sourire était de mise sur tous les visages et l’excitation des petits faisait plaisir à voir.

  • Jusqu’au 22 décembre 2024, le Salon des Métiers d’arts au Palais des congrès de Montréal

    Partez découvrir la 68e édition du Salon des métiers d’art du Québec. Cet événement prestigieux, parrainé par TVA, réuni environ 200 artisans de toute la province et célèbre ainsi la créativité et le savoir-faire québécois.

    Chaque année et depuis 1955, le salon offre une programmation riche et diversifiée avec des conférences inspirantes, des ateliers interactifs et des expositions fascinantes. Les visiteurs ont l’occasion de pouvoir repérer une grande variété de produits locaux, de cadeaux écoresponsables et de saveurs du terroir.

    Pourquoi acheter ailleurs ce que nous pouvons acheter chez nous?

    Des cadeaux fabriqués ici à la main pour tous les budgets qui feront plaisir aux petits et aux grands. Les zones de création et les espaces familiaux permettent des moments de partage et d’échange entre les artisans et le public.

    Une fois sur place, vous allez pouvoir aiguiser votre curiosité et partir à la découverte de kiosques en kiosques; L’agroalimentaire, le verre, l’art textile, la poterie, la joaillerie, le travail du cuir et le tissage sont à l’honneur et sauront vous satisfaire.

    Plusieurs créateurs se démarquent comme le maroquinier Philippe Tissier de Cuir Philamain, la céramiste Marilyn, l’artiste verrière Karine Foisy de Veille sur toi, la designer Véronique D’Aragon, le fameux couturier Gilbert Cohen, Champagne de l’Atelier Champagne, et le chocolatier Vincent Coja d’Allo Simonne et beaucoup d’autres.

    Il existe même des créateurs qui n’ont pas de points de vente et qui attendent ce genre d’expositions pour se faire connaître et grandir. Par exemple:

    • Gabie La Course de Fil de fée et ses incroyables créations feutrées.
    • Séquoia & Salix qui ne décevra pas les amateurs de thé et tisanes.
    • Sonia Bandulet de Avant/ Après et sa collection courage verse 20% des profits à la cause  « Belle et Bien dans sa peau » qui soutient les femmes atteintes de cancer.

    Vous serez étonnés de savoir que vos achats et surtout vos encouragements non seulement aideront à valoriser la production locale mais aussi permettront de venir en aide à plusieurs associations et même à l’écosystème.

    Il faudrait savoir aussi que ce salon est vraiment source d’inspiration. Depuis 2009, des artisans et designers venus de France y ont aussi participer. Jusqu’à aujourd’hui, quelques uns sont très reconnaissants de pouvoir encore trouver leurs places et de pouvoir aussi faire admirer leur savoir-faire. Sandrine Giraud et ses superbes bijoux modulables en sont la preuve!

    Chaque année, le conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ) rend hommage au Made In Québec. Cette année, le prix Hommage 2024 a été décerné à Michèle Lapointe pour son talent innovant et exceptionnel du verre.

    L’artiste verrier émérite a utilisé la photographie, le papier et le métal pour ses œuvres, Alice, Lorina, Edith et les autres… que vous pourriez admirer lors du salon. Un certain souffle poétique s’y dégage. Ne ratez pas cette chance!

    Vous terminerez le tour avec une sensation de chaleur et de jovialité. Les designers sont vraiment fiers de présenter leurs œuvres et de partager leur passion. C’est une occasion incontournable pour les amateurs d’artisanat de découvrir de nouvelles créations, de rencontrer des artisans talentueux et de célébrer la richesse culturelle du Québec.

    Des pièces à éditions limitées et de grande qualité sont exposées. Ce salon est une occasion spéciale pour témoigner du talent et de la dévotion des artisans québécois.

    On peut donc se gâter ou même gâter amis et familles avec des objets uniques et insolites.

    Photos : Benoit Rousseau et Zeina Chehab

  • Un soir de sublime élévation : Le Messie de Handel à la Basilique Notre-Dame de Montréal

    Dans l’éclatante splendeur de la Basilique Notre-Dame, le 11 décembre 2024, les Montréalais ont pu assister à une des œuvres les plus majestueuses de la musique classique : Le Messie de George Frideric Handel. Ce monument musical, dirigé par le renommé chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin et accompagné par l’Orchestre Métropolitain (OM) a transformé cette soirée à une soirée musicale inoubliable. Un chœur et un orchestre d’une finesse inégalée qui ont transporté l’audience dans une expérience divine d’exception.

    Un décor sacré pour une œuvre céleste

    La Basilique Notre-Dame, avec ses voûtes gothiques et ses jeux de lumières subtiles, s’est révélée être l’écrin parfait pour accueillir ce chef-d’œuvre intemporel. L’architecture imposante et les vitraux chatoyants ajoutaient une dimension presque surnaturelle à la musique, magnifiant chaque note et chaque mot.

    Enceintes portables

    Après avoir remercié Geoffroy Salvas d’avoir accepté de remplacer le baryton Jonathon Adams , l’ orchestre a commencé à jouer. Dès les premières mesures de l’ouverture orchestrale, une atmosphère de recueillement s’est installée.

    On a pu alors découvrir les solistes talentueux canadiens: la soprano Anne-Sophie Neher, la Mezzo-soprano Emily D’Angelo, le ténor Frédéric Antoun, et le baryton Jonathon Adams. Leurs voix puissantes et expressives, combinées à la profondeur dramatique de l’œuvre, nous a captivé tout le long.

    La première partie: L’Annonciation et la naissance de Jésus , cette partie de l’histoire est très pastorale, sans aspérité, avec des contours très doux et des longues arches. Le timbre distinctif d’ Emily d’Angelo la soliste nous a élevé admirablement avec son interprétation “O thou that tellest good tidings”.

    Le chef d’orchestre ne faisait pas de pauses et donc enchaînait sans interruption. Le public était pris dans son tourbillon de gestes précis. L’action musicale combinée au chœur a pris forme et l’exaltation du public était au comble.

    Enceintes portables

    Une fois l’entracte terminée, l’orchestre, dirigé par un chef habité par l’œuvre, a continué de jouer avec une justesse et une sensibilité telles que chaque passage, des plus joyeux aux plus contemplatifs, ont été une révélation.

    Dans la deuxième partie, la crucifixion et la résurrection, les airs de baryton et de ténors se sont succédés avec aisance. Le contraste entre la légèreté et la gravité au sein même du chœur donne des moments privilégiés.
    Le célèbre “Hallelujah” point culminant de l’oratorio, qui a littéralement fait vibrer les murs, et le public, ému, s’est levé comme le veut la tradition anglaise, dans un moment d’union quasi mystique. La précision et la passion du chœur étaient palpables, chaque voix s’entrelançant harmonieusement.

    Les musiciens, chacun doté d’une présence et d’un talent remarquables, ont livré des performances profondément émouvantes. Leur maîtrise technique était au service d’une interprétation vibrante, accompagnant chaque aria des solistes.

    Après des applaudissements bien mérités, l’audience, composée d’amateurs de musique classique et de curieux, ont continué la troisième partie de l’histoire, la rédemption. Le soprano clair de Anne-Sophie Neher a rempli Notre Dame avec “I know that my Redeemer liveth” et le “Worthy is the Lamb that was slain” au final a laissé le public ému.

    Enceintes portables

    Les applaudissements nourris et prolongés témoignaient de l’impact de cette soirée exceptionnelle.

    Le Messie de Handel, véritable joyau, interprété dans ce cadre majestueux, n’a pas seulement célébré l’esprit des fêtes, mais a également offert un moment de transcendance, rappelant la puissance universelle de la musique et de l’art.

    Cette représentation a été une occasion unique de savourer une œuvre majeure de la musique classique dans un lieu emblématique.

    📸 Francois Goupil

  • Première mondiale en français : Tootsie débarque à Montréal

    Le 9 décembre 2024, la célèbre comédie musicale Tootsie est débarquée à Montréal au Théâtre Saint-Denis pour enchanter le public avec son humour, ses performances incroyables, et ses chansons entraînantes. Inspirée du film culte de 1982, avec Dustin Hoffman, cette production est une première mondiale en français.

    Cette adaptation moderne théâtrale est signée par Nicolas Engel, qui a à son actif plusieurs comédies musicales notables, dont Le fantôme de l’OpéraChicagoGrease,parmi d’autres. On revisite ici l’histoire du film avec une touche rafraîchissante et pleine de surprises.

    Levée de rideau

    Tootsie raconte l’histoire de Michael Dorsey, un acteur talentueux mais au tempérament difficile, qui se retrouve sans emploi. Dans un geste désespéré pour décrocher un rôle, il décide de se déguiser en femme et devient Dorothy Michaels. Ce personnage fictif lui ouvre les portes d’une carrière inattendue, mais aussi celles de défis et de révélations personnelles. Cette transformation inattendue le propulse vers la célébrité, mais engendre aussi une série de situations comiques et de quiproquos hilarants.

    José Dufour assure les rôles de Dorothy Michaels ainsi que celui de Michael Dorsey. En endossant à la perfection ces deux personnages, Dufour démontre son immense talent de comédien et surtout nous dévoile la pureté de sa voix avec sa première chanson du spectacle « Un beau matin ».

    Les décors sont fluides et se succèdent en offrant une combinaison de tableaux magnifiques et transportent le public des coulisses du théâtre au quotidien tumultueux de Michael/Dorothy.

    Parmi les scènes mémorables, on retrouve celle où Michael, en tant que Dorothy chante la chanson « Je ne te dis pas ». Cette chanson avec sa mélodie entraînante et son texte vibrant est une grande célébration de l’amour et de l’amitié. Elle représente aussi le moment le plus important du spectacle, le double jeu de l’acteur principal déguisé en Dorothy Michaels qui passe l’audition de la pièce « Roméo et Juliette » qui changera sa vie.

    Dorothy se lied’amitié avec ses collègues féminines et découvre les défis quotidiens auxquels elles sont confrontées.

    « Si je dois porter une autre paire de talons, je vais finir par inventer une nouvelle manière de marcher ! »

    Cette réplique drôle de Dorothy livrée avec un timing parfait, illustre les défis que Michael rencontre en incarnant Dorothy. C’est une prise de conscience qui apporte une dimension touchante et humaine à la comédie.

    Une autre scène marquante est celle où Dorothy, en plein tournage, improvise et propose des répliques qui viennent bouleverser le scénario initial, créant ainsi des moments de comédie inattendus. Elle se fait appeler alors « diamant » par ses collègues.

    Soudain, les spectateurs ravis découvriront une nouvelle chorégraphie et chanson « Cette fille est un diamant » que plusieurs acteurs interpréteront : Rita (Danièle Lorain), Julie (Kania Allard), Stuart, Suzie, Ron (JF Poulain), Max (Guillaume Boris), Dorothy ainsi que les 8 danseurs de la troupe.

    Un autre moment fort du spectacle est la scène où Sandy, l’ex de Michael jouée par Joelle Bourdon fait sa crise d’angoisse et lance : « J’ai déjà assez de problèmes à être une femme, tu veux pas m’apprendre à être un homme non plus, hein ? » Cette réplique déclenchera une explosion de rires de la part du public causée par la nervosité exagérée et le jeu comique du personnage.

    Par ailleurs, Ron, le réalisateur narcissique (Jean-Francois Poulain) tombant amoureux de Dorothy ne sachant pas qu’en réalité elle est un homme et lui fait alors la cour sans relâche, amusera fortement les spectateurs.

    Julie/Juliette (Kania Allard) qui est l’amour de Michael, a une voix cristalline et magnifique en chantant « Qui es tu? ». Son intonation est telle qu’elle se met à nu et dévoile ainsi toute sa vulnérabilité. Jeff (Eric Thériault), l’ami intime de Michael est toujours là pour lui ne cessant de le lui répéter de façon tellement maladroite qu’il ne passe pas inaperçu. On ne peut que sourire malgré soi à chaque apparition de son personnage.

    À travers ses situations comiques et son scénario touchant, les spectateurs ont été confrontés à des thèmes universels comme l’identité, l’égalité des sexes, et la recherche de soi, tout en partageant des moments de rire aux éclats.

    La mise en scène de Tootsie assurée par Alexis Pitkevicht est un véritable spectacle visuel. Entre les costumes flamboyants, les chorégraphies dynamiques, et les décors éclatants, chaque élément contribue à captiver le public. Les numéros musicaux, composés par David Yazbek, sont un mélange de comédie et d’émotion, parfaitement interprétés avec sonorités pop et jazz.

    Cette comédie musicale est une des plus drôles de Broadway. Et ceci s’est fait ressentir du début à la fin. Une ovation du public était de mise et les spectateurs ont continué à applaudir malgré la tombée du rideau rouge.

    Que vous soyez fan de comédies musicales ou simplement à la recherche d’une soirée divertissante, ne manquez pas cette chance de redécouvrir une histoire classique sous un nouveau jour, dans une production qui saura conquérir votre cœur. Quelle soirée rafraîchissante!