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  • La Cage aux Folles : rires, émotions et tolérance à l’Espace St-Denis

    Hier soir, le rideau s’est levé sur l’un des plus grands classiques comiques du théâtre français : La Cage aux Folles. Présentée au Studio-Cabaret de l’Espace St-Denis, cette pièce emblématique, écrite par Jean Poiret en 1973, revient sur scène avec une mise en scène québécoise signée Joël Legendre.

    Jusqu’au 23 février 2025, le public montréalais aura l’occasion de redécouvrir cette comédie culte, portée par une troupe de 12 artistes talentueux qui promettent une soirée éclatante de rires, d’émotions et de strass.

     

    L’histoire tourne autour du célèbre couple gai, Georges et Albin, interprété par Marcel Leboeuf et Alex Perron, gérants d’un cabaret de danseurs travestis. Leur vie tranquille est chamboulée lorsque leur fils Laurent, joué par Guillaume Borys, annonce son mariage avec la fille nommée Muriel (Delphine Morissette) d’un politicien conservateur M. Dieulafoi (Stéphan Allard).

    Jacob (Timothée Galais-Bayonne) est majordome fantasque et excentrique, qui se considère lui-même comme la femme de ménage du cabaret, est un des piliers de la comédie. Cette nouvelle déclenche une série de quiproquos hilarants et met en lumière les différences entre deux mondes opposés : d’un côté, la flamboyance et l’exubérance du cabaret ; de l’autre, la rigidité et l’hypocrisie de la bourgeoisie traditionnelle.

    La pièce légère, avec ses personnages hauts en couleur, un enchaînement de situations comiques et des dialogues percutants, aborde tout de même avec finesse une réflexion profonde sur l’acceptation de soi, la tolérance et la force de l’amour face aux préjugés.

    Alex Perron et Marcel Leboeuf sont attachants dans leurs rôles respectifs tandis que Timothée Galais-Bayonne est une belle surprise avec son énergie communicative. Joël Legendre, qui a également réalisé l’adaptation avec Sylvain Larocque, s’appuie sur une distribution cinq étoiles. D’ailleurs la complicité entre les personnages est palpable et la vivacité des dialogues rend cette adaptation un véritable plaisir à voir et à revoir.

    Albin : « Je suis une femme, Georges, et je veux être mère ! »
    Georges : « Mais Albin, tu es un homme ! »
    Albin : « Et alors ? Les miracles, ça existe ! Regarde la Vierge Marie ! »
    Georges : « Oui, mais elle, elle n’avait pas de barbe ! »

    La pièce, qui a connu un immense succès dès sa première représentation à Paris, a donné naissance à une comédie musicale acclamée à Broadway et à plusieurs adaptations cinématographiques, dont le célèbre film de 1978 avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi.

    Les décors luxueux, inspirés des grands clubs de revue, et les costumes chatoyants conçus pour l’occasion ajoutent au spectacle une dimension visuelle impressionnante. Les performances scéniques ne se limitent pas aux dialogues : entre les numéros de chant, les chorégraphies endiablées et les interactions avec le public, La Cage aux Folles devient une véritable expérience immersive.

    Ce qui rend cette soirée encore plus spéciale, c’est la présence de performeurs drag exceptionnels comme Rainbow (Mercèdes), Michel Dorion (Salomé), Tracy Trash (Francis) et Nana (Zorba), qui assurent des numéros avant la pièce et pendant l’entracte.

    Que vous soyez un fan de longue date ou un nouveau spectateur découvrant cette œuvre pour la première fois, cette production promet de vous faire passer un moment inoubliable, où humour, glamour et émotion se conjuguent à la perfection.

    Distribution

    Marcel Leboeuf | Georges
    Alex Perron | Albin
    Timothée Galais-Bayonne | Jacob
    Guillaume Borys | Laurent
    Delphine Morissette | Muriel
    Geneviève Brouillette | Mme Dieulafoi
    Stéphan Allard | M. Dieulafoi
    Annie Brocoli | Simone
    Rainbow | Mercedes
    Michel Dorion | Salomé
    Tracy Trash | Francis
    Nana | Zorba

    Durée: 1h45 (avec intermission)

  • Joe Bocan à Montréal : un retour éclatant sur scène (photos)

    Ce 4 février, Joe Bocan a fait vibrer la Cinquième Salle de la Place des Arts avec son spectacle Insoumise, une performance qui marque ses 40 ans de carrière. Véritable icône de la musique québécoise, elle revient en solo avec un concert qui est à la fois audacieux et émouvant.

    À 68 ans, l’artiste n’a rien perdu de son énergie légendaire.

    Un début de spectacle a été aussi fantaisiste que l’artiste elle-même avec un numéro de transformiste et des costumes très variés et originaux.

    D’ailleurs, le dernier de ses costumes a laissé les spectateurs sans voix. Après avoir soufflé sur une allumette, la scène fut plongée dans le noir et c’est alors que l’artiste a dévoilé son habit blanc orné d’une traîne époustouflante toute illuminée de petites lumières. La salle à peine revenue de ses émotions que l’artiste entamait de sa puissante voix les nouvelles chansons de son album « Insoumise ».

    Très contente de retrouver son public, Joe Bocan lui a raconté comment après avoir lu dans un livre qu’Elon Musk avait lancé une Tesla dans les airs autour de la terre sans se soucier de la planète cela l’avait tellement choquée et attristée que sous l’emprise de la colère elle avait terminé d’écrire une chanson la nuit et qu’au petit matin l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose lui avait joué l’air de la musique au téléphone et c’est ainsi qu’est née sa chanson « La bande».

    À chaque chanson, son anecdote

    La chanteuse a fait rire aux éclats les spectateurs en leur rappelant ses débuts de carrière et comment elle se maquillait les yeux charbonneux, les cheveux ébouriffés et comment l’animatrice radiophonique Suzanne Lévesque, suite à une entrevue, lui avait dit « T’as pas l’impression de faire peur au monde », en parlant de son maquillage!

    Après avoir fini de nous bercer avec une chanson a cappella intitulée « Breaking Away », l’artiste a disparu laissant place à ses 3 grands musiciens qui ont pris la relève en nous entraînant dans un tourbillon de musique à travers le violoncelle, la guitare et le clavier.

    Les changements de costumes tous plus beaux et plus extravagants les uns que les autres, et les jeux de lumières et décors n’ont fait que sublimer la prestation de l’artiste.

    Tout au long du spectacle, la chanteuse a permis à son public de redécouvrir ses plus grands succès, dont « Apocalypso » et « Les femmes voilées » en hommage aux femmes iraniennes, Afghanes et à toutes les femmes qui se battent pour leur liberté.

    Notre chanteuse québécoise a insufflé une nouvelle vie à son répertoire ce qui a enchanté le public.

    Joe Bocan et Maroe-Jo Thério chantent Orage d'amour
    Joe Bocan et Maroe-Jo Thério chantent Orage d’amour

    En plus de ses classiques, elle a voulu transporter les spectateurs dans son propre univers en présentant des chansons inédites de son dernier album Insoumise, sorti à l’automne 2024, où elle aborde des thèmes modernes avec son regard toujours aussi percutant. D’ailleurs, des surprises nous attendaient puisque Marie- Jo Therio est apparue pour chanter en duo Orage d’amour qui apparaît sur l’album. En plus, Elliot Maginot est aussi venu chanter Partir en duo avec la vedette de la soirée!

    Le public applaudissait allègrement après chaque performance, chantait et riait de chaque petite blague que faisait l’artiste en partageant un peu de son vécu et de son parcours musical.

    Joe Bocan et Elliot Maginot
    Joe Bocan et Elliot MaginotEnceintes portables

    Généreuse de coeur, Joe Bocan a partagé sa scène avec ses musiciens qu’elle apprécie vraiment. Ainsi Elliot Legaré l’un des musiciens l’a rejoint pour chanter en duo. Louis-Julien Durso, compositeur interprète au clavier, malgré lui, car d’habitude il est chanteur, mais pour Joe il s’est converti en claviériste et fait partie de la bande. En solo, il nous a chanté sa chanson « Cinéma d’amour » tiré de son tout premier album. Thomas Sommier, guitariste, nous a joué quelques morceaux de musique avec sa guitare électrique.

    Pour clôturer la soirée, la chanteuse a rendu un hommage aux jeunes et surtout à Samuel Biddle, son fils de 27 ans qui lui a composé la musique sa chanson « Pour faire lever les fleurs » que toute la salle a chanté en reprenant en coeur le refrain.

    Après une ovation bien méritée, la star a entamé en rappel sa chanson phare « Repartir à Zéro » au grand plaisir du public et les applaudissements ont crépités de plus bel.

    Une soirée inoubliable pour les fans de la chanteuse. Une renaissance artistique pour Joe Bocan. Le spectacle s’est annoncé comme une véritable célébration de son parcours et de son engagement artistique. Une belle opportunité pour les amateurs de redécouvrir une artiste qui continue d’étonner et d’inspirer.

  • « Ils étaient dix » : Mystère, suspense et talent au Théâtre Maisonneuve

    Hier soir, la célèbre pièce Ils étaient dix, adaptée du roman mythique d’Agatha Christie, le plus vendu au monde avec plus de 100 millions d’exemplaires, a été présentée au Théâtre Maisonneuve à Montréal. Cette œuvre, considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du genre policier, a été brillamment portée sur scène par la Comédie humaine, une troupe talentueuse et sous la direction du metteur en scène Martin Lavigne.

    Levée du rideau et l’intrigue commence; les acteurs rentrent en scène, les uns après les autres dans un décor minimaliste mais mystérieux, projetant les spectateurs dans le vif du sujet.

    C’est l’histoire de dix personnes sans lien entre elles, toutes invitées mystérieusement sur une île isolée, l’Ile du Soldat au large des côtes anglaises. Il n’y a que le majordome et sa femme pour les accueillir mais aucune trace des propriétaires, les fameux O’nyme.

    Très vite, les hôtes se retrouvent accusés de crimes passés, accusations enregistrées par une voix étrange sur un vieux disque 33 tours, et confrontés à des meurtres tour à tour inexpliqués et énigmatiques, suivant une étrange comptine.

    Les invités meurent un à un. L’assassin fait partie des 10 convives et les spectateurs sont là, les yeux rivés sur la scène, se demandant qui sera le prochain à disparaître et qui d’entre eux, est vraiment le meurtrier.

    Une distribution impressionnante

    Le public montréalais y découvre une interprétation forte grâce à une distribution exceptionnelle. Ainsi, on retrouvait Vincent BellefleurVicky BertrandStéphane BlanchetteJean-François BlanchardMarc-André Coallier, Maxime CournoyerÉlizabeth DupéréMireille Deyglun, Pierre Gendron et Jonathan Michaud dont les performances ont rendu cette histoire tellement réelle qu’on en a oublié d’être spectateur.

    Grâce à une mise en scène moderne signée Martin Lavigne, ce thriller psychologique a su préserver l’essence du roman tout en nous tenant en haleine du début à la fin.

    Les cadavres s’empilaient, mais l’atmosphère, digne des romans d’Agatha Christie, restait aussi mystérieuse et envoûtante grâce à une musique glaçante et des jeux de lumière subtils. Chaque scène était une montée en tension, rendant hommage au génie de l’autrice britannique.

    Par ailleurs, un clin d’œil et en hommage à cette grande écrivaine:
    « On dirait que nous sommes dans un de ces livres policiers écrits par Agatha Christie »,  une réplique qui a amusé tous les spectateurs.

    Une fois le mystère élucidé, le public, libéré de la tension, a exhalé un soupir de soulagement et a salué la performance par une ovation nourrie.

    Bref, la production de la Comédie humaine est une adaptation réussie. Puis, une soirée dès plus mémorable pour les amateurs de théâtre et de romans policiers ! 

  • Premier concert au Québec de la méga star algérienne Amine Babylone

    La semaine dernière, l’Espace Saint-Denis de Montréal a accueilli Amine Babylone au 826 millions d’abonnés sur Instagram pour un concert exceptionnel. Ce spectacle a marqué la première prestation du chanteur algérien en Amérique du Nord, offrant au public montréalais une immersion unique dans la richesse musicale et culturelle du Maghreb.

    (Lire notre entrevue avec Amine Babylone)

    Dès son arrivée sur scène, Amine et son groupe ont captivé l’audience avec des morceaux emblématiques Algériens.

    Des chansons du dernier album

    Au-delà des tubes, Babylone a présenté des pièces de son dernier album Zina, dont le titre de la chanson éponyme est devenu un véritable hymne pour les fans du monde entier. Chaque air a été accueilli avec enthousiasme, un témoignage de l’attachement du public à ce chanteur qui s’est fait une place dans le cœur de millions de personnes. Puis, il a fait hommage à Cheb Khaled qui a visité le Québec en octobre 2023 (voir notre article) en reprenant sa chanson Aïcha tout en chantant avec le public.

    Invités spéciaux

    En plus de la performance extraordinaire de Babylone, la soirée a été enrichie par la présence de chanteurs invités, dont ZahoAmine TGV et Youba Adjrab qui ont partagé la scène avec Amine pour interpréter des duos mémorables. Ces collaborations ont ajouté un dynamisme au spectacle. Ils ont charmé l’audience avec des morceaux emblématiques tels que « Zina », un titre devenu un véritable hymne pour les fans du monde entier.

    Amine a pris le temps de s’adresser directement à la foule, partageant des anecdotes personnelles et transmettant des messages de paix, d’amour et d’unité. Le concert de Babylone a été bien plus qu’un simple spectacle musical. C’était un véritable voyage à travers les cultures, un mélange de sonorités traditionnelles et modernes qui a transporté le public dans un univers envoûtant.

    L’âme de l’Algérie

    Les jeux de lumières, les chorégraphies et les interactions entre les membres du groupe ont contribué à créer une expérience immersive. Les spectateurs enthousiastes ont chanté et dansé tout au long de la soirée, rendant hommage à cet artiste qui incarne l’âme de la musique algérienne contemporaine.

    Ce concert à guichets fermés restera gravé dans ma mémoire comme une célébration de la culture et de la musique algérienne. Le succès de cette performance laisse présager un avenir prometteur pour Amine Babylone sur la scène internationale.

    Cette soirée exceptionnelle a prouvé que la musique est un langage universel, capable de rassembler des personnes de tous horizons pour célébrer la beauté de l’art et de la culture.

  • Le slam, la poésie et l’émotion : Grand Corps Malade au Québec

    Le 17 janvier 2025, le public montréalais a eu le privilège d’accueillir Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, le maître incontesté du slam, sur la scène du MTELUS.

    Le slameur a enfin marqué son grand retour à Montréal après une absence de six ans. L’artiste a voulu montrer son attachement au Québec en s’entourant de trois musiciens locaux, Sarah Dion à la batterie, Maxime Boivin à la guitare et Gabriel Thibault aux claviers. Ensemble, ils ont offert une performance mémorable telle qu’ils sont arrivés à nous propulser dans le passé, le présent et même dans un avenir meilleur.

    En première partie, la jeune Billie du Page a su captiver l’audience avec ses chansons pop et sa voix douce. Une belle découverte qui a bien préparé le terrain pour le grand show de la soirée.

    L’entrée émouvante et les incontournables

    Par la suite, surgissant sous un rai de lumière le slameur-poète sur sa canne a fait une entrée émouvante en interprétant sa première chanson « J’ai vu de la lumière« , sous les applaudissements frénétiques du public.

    Tout au long du concert, le slameur avec sa voix douce et son charisme hors du commun a interprété des titres phares tels que “La Sagesse”, “Autoreflet” et “Mesdames”, qui explorent des thèmes comme l’amour, la résilience et la société et surtout le fait que tout le monde se ressemble.

    Ses fans étaient littéralement suspendus à ses lèvres. Il a même plongé son auditoire dans son vieux répertoire en chantant ces morceaux incontournables comme « Saint Denis » et « Roméo kiff Juliette » qui rappellent la guerre de Gaza. Le public était vraiment ravi.

    Plein feu sur Aznavour

    Le chanteur a aussi fait hommage à Charles Aznavour en chantant « À chacun sa bohème« . D’ailleurs le film qu’il a écrit est diffusé sur les écrans de cinéma à Montréal: Monsieur Aznavour.

    Les moments les plus forts ont été marqués par l’interaction entre l’artiste et son public, où rires et applaudissements se sont succédé. Il a également raconté des anecdotes personnelles, évoquant notamment son installation à Montréal avec sa famille l’automne dernier, une expérience qui semble l’avoir profondément marqué.

    Quelle personnalité!

    Sa chanson « Retiens les rêves » qui relate le temps qui passe si vite quand on regarde ses enfants grandir était si émouvante que certains spectateurs ont eu les larmes aux yeux.

    Tout le long de la soirée, le compositeur – interprète, le Grand Corps Malade, a offert un concert incroyable, captivant le public avec ses paroles profondes et sa personnalité extraordinaire. Ce spectacle s’inscrivait dans le cadre de sa tournée québécoise.

    La soirée a également été marquée par une surprise: la présence de Marilou, célèbre chanteuse québécoise et fondatrice de « Trois fois par jour« . Ensemble, ils ont offert un moment unique en interprétant la chanson « Mais je t’aime » empreinte de douceur et d’émotion, scellant ainsi une rencontre artistique marquante.

    Il a également partagé un duo avec son fils de 11 ans sur scène, un rappeur nommé MCO tout en chantant « C’est moi qui écris mes textes« . Les spectateurs ont savouré ce moment intime entre père et fils comme étant un moment inédit.

    Soirée unique

    Le concert s’est terminé sur une standing ovation, témoignant de l’impact de cette performance sur le public montréalais. Grand Corps Malade a prouvé une fois de plus que le slam est bien plus qu’un genre musical : c’est un art capable de rassembler et de toucher profondément.

    En quittant le MTELUS, les spectateurs avaient encore en tête les paroles inspirantes de cet artiste hors du commun. Une soirée unique pop et divertissante qui a rappelé, avec brio, le pouvoir des mots.